Posté le 17-09-2007, par beegeesman, dans la catégorie Chroniques (lu 638 fois)
Une fois n’est pas coutume, je vais m’aventurer sur un terrain qui n’est
pas le mien, et vous faire part de mon sentiment sur le nouvel opus de Gernot
Bronsert et Sebastian Szary. Deux Allemands qui auraient pu tout aussi bien
sortir de notre livre d’histoire, rayon musique classique, mais qui sortent
plutôt des bacs bien exigus de notre disquaire favori, sous le nom de
Modeselektor. Après un premier album (Hello Mom ! ) acclamé et frôlant
l’unanimité au niveau des critiques et parfois plus rare, du monde artistique
en général, Modeselktor se savait attendu au tournant avec cette nouvelle
création sonore. Nous pouvons aisément parler de création tant Happy Birthday
se révèle être original, inclassable et sans limite, tel une toile peinte par
les plus grands. En effet, ce duo signé
sur BPitch ne cesse d’étonner, tant par ses choix musicaux que ses featuring excentriques
(7 au total !!)Let’s talk about it !!
Alors petite question fatidique de début de chronique,
pourquoi Happy birthday ? Tout simplement (selon leurs dires, oui je les
ai appelés, et oui je parle allemand… na) en dédicace à la naissance proche de
leurs enfants (pas en commun hein ? chacun un..), alors pour ne pas
laisser leurs compagnes seules dans la galère (ou le bonheur) de l’accouchement,
les deux compères ont voulu eux aussi en passer par là et donner naissance à
cet album. Coté style, bien que le catalogage à outrance me saoule outre mesure,
nous pourrions savoir gré à ce CD
d’explorer les styles suivants : hard rap, dubstep, eurocrunk, continental
grime et tech-rap… je pourrais en inventer d’autres, mais ça me semble suffire
pour qualifier la diversité affolante de cet album.
Dès l’entrée en matière de l’album, l’assurance de ne pas
être déçu nous envahit, le Modeselektor qu’on aime est toujours là, et n’a pas
dérivé vers des terrains au dessus de ses prétentions et de ses qualités. L’album débute par un redoutable et spleenesque Godspeed, tout en montée et
gain de puissance, ça commence bien !
Pour élargir le public et faire un
petit clin d’œil à l’album précédent, TTC revient poser sa voie sur un 2000007
qui nous fait penser que, tiens… des fois TTC c’est bien !!! Le début de
Happy Birthday ressemble presque « connement » à un début de
film anglais culte (dans mes références…) Shaun of the Dead. Une mélodie donc « concon »
qui, dans le film est censée représenter les deux héros un peu « concon »
eux-mêmes. Mais cette impression de mélodie enfantine prend toute son ampleur à
l’arrivée des basses sur ce morceau. Pour les définir, quoi de mieux qu’une
citation de Maxime Gouache : « Les basses
de Mdslktr, c’est une drogue à tympan, on rêve
presque de les avoir en acouphène » ça veut tout dire !!
AvecLet Your Love Grow on retrouve un peu l’esprit mélancolique de Godspeed
mais avec une touche légèrement Ragga qui prend une dimension encore plus
grande avec la voie de Paul St-Hilaire. B.M.I.
est simple donc efficace, plus technoïsant que la majorité de leurs
productions, peut-être un chouïa minimal, mais rien de gênant. Le très dark
Sucker Pin se lance à reprendre des sonorités qui ont eu leur succès dans les
années 80/90, des sons très feutrés mais gras en même temps, un track assez
« banal » donc.
The First Rebirth ,
titre qui vous dit peut-être quelque chose si vous avez un jour écouté de la Trance. Oui, Modeselektor
sont dotés de deux énormes paires de couilles (une chacun). On peut appeler ça
de la prise de risque ou du suicide, mais ayant déjà produit des sons hybrides
et transgenres, possédant la faculté dite Garniesquede mixer tout avec n’importe
quoi, la reprise de cet hymne
trancey est réussie. The Dark Side Of The Sun invite une nouvelle pointure du
moment, j’ai nommé les Puppetmastaz !! Ce groupe (collectif) très en vogue
en ce moment et qui lance un nouveau style de Hip-Hop trash et déjanté
interprété sur scène par des marionnettes colle très bien au style tout aussi
déjanté de Modeselktor. Cette piste n’est donc pas étrange et sonne tout
particulièrement bien à l’oreille, très lourde et angoissante, ce morceau peu
banal se laisse superbement habiller par les voix stridentes des Puppetmastaz.
Dans la veine des plus grosses boucheriesModeselektoriene, Black Box vient nous
scotcher les oreilles avec des basses dopées à l’EPO (Electronique Pas
Ordinaire…). Pas un moment de répit dans ce morceau qui enchaine les lignes de basses
grasses et insolentes sans se soucier de notre état mental qui s’approche de la
folie à la fin de l’épisode. Que celui qui a oublié ou ne connait pas Hyper
Hyper se jette la pierre lui-même, le tube mondialement connu de Scooter se
prend un gros lifting à coup de basses et sons acides dans la gueule (c’est le
cas de le dire…). Encore un featuring de grande classe, avec la présencedu très burlesque Otto von Schirach, Hyper
Hyper pourrait exprimer les qualificatifs à apporter à cette
reprise :Hyper Bass, Hyper voix, Hyper tordu, Hyper osé… Cette reprise est
donc une réussite même si on regrettera une grosse claque qu’on aurait pu se
prendre après les incessantes montée.
Viens ensuite le très mélodique The
Wedding Toccata Theme qui démontre encore une fois la facilité qu’a
Modeselektor à rendre mélodique une collection de sons qui à la base rebuterait
la moindre oreille frileuse aux sons synthétiquement tordus. The White Flash
est une production fabuleuse inspirée on s’en doute par l’un des chef de file
de BPitch, Apparat. Un featuring pas banal en prime, puisque c’est Thom Yorke
qui vient poser sa voie suave et émouvante sur ce track, ce featuring sonne
comme un cadeau fait au leader de Radiohead puisque ce dernier ne cesse de
crier au génie quand on lui parle de Modeselektor.
On finit sur Deboutonneroù Mdslktr retrouve Siriusmo, leur acolyte de
toujours. Ca s’entend tout de suite, ils savent bosser en trio, et livre un
morceau toujours aussi mélancolique et entrainant. Modeselektor ou l’art de sublimer
cette contradiction, et ça marche !!! Par manque de moyen, et surtout
parce que l’agent de presse de Modeselktor ne m’a pas envoyé l’album complet
hein… (Salaud de Gunther !!) je ne pourrai donc vous exprimer mon
sentiment sur le morceau dit « Bonus » avec Maximo Park, tant pis
pour eux, na !!
Cela ne fait aucun doute, Modeselektor s'est clairement fait
plaisir tout au long de ce "Happy Birthday", deuxième album bien
maîtrisé pour qui connaît la difficulté de donner une suite à un premier disque
qui a fait jaser. Très bien entourés, plutôt inspirés à en croire la grande
diversité du tracklisting, les deux Allemands ne feront peut-être pas
l'unanimité tout au long de cette bonne heure d'écoute. Mais personne ne pourra
leur enlever ce souci d'originalité qui fait que Modeselektor apparaît
aujourd'hui comme un des grands artisans de la musique électronique. Chose
your Mode and shake your head off !!