Posté le 19-05-2006, par Tomnroll, dans la catégorie Chroniques (lu 1355 fois)
En bretagne on ne trouve pas que des crêpes, des vieilles bigoudènes,
matmatah et les vieilles charrues. Non la bretagne ne restera pas toute
sa vie enfermée dans la nostalgie celtique et les kermesses de village!
Oui la bretagne est un nouveau fief de la musique electronique
francaise et c'est de là que vient Tanguy Destables alias TEPR mais
aussi Robert Le Magnifique, Abstrackt Keal Agram (dont fait parti
TEPR), le groupe de hip hop underground Psykick Lyrikah, Grand
Marnier,... Il est là notre son West Coast.
"Cote
Ouest", on s'attendrais presque à voir des palmiers et des filles en
roller et en bikini. Non notre cote ouest à nous c'est plus ciré jaune
et ciel gris. Trève de stéréotypes réducteurs sur nos amis bretons car,
malgré son origine (ok j'arrête), cet album est une tuerie! Un savant
mélange de tout ce qui trainait dans nos radio dans les années 90. Le
précedent album de Tepr (The Deadly Master Of Rappers From Hell) avait
beau être calme et assez proche de l'esprit d'Abstrackt Keal Agram (son
groupe), "Cote Ouest" est étonnant de puissance. La première chanson,
Ambition As A Hellridah, est une fausse piste, faussement calme,
peut-être celle-ci cloture-t-elle l'album précédent, le "solo de
guitare" final nous met déjà sur nos gardes avant l'arrivée de Muchas
Tetas, Poco Sexo (ce qui est bien quand on fait de la musique
instrumentale c'est qu'on peut foutre absolument n'importe quoi en
titre, Tepr s'est bien éclaté apparemment) une douce montée, un début
avec un beat sans vraiment de sens puis tout devient clair, le beat
devient net, et là on se dit "ok on est loin du premier album, ca bouge
bien ici", en effet, difficile de se retenir de remuer ne serait-ce
qu'un petit bout d'orteil. On voit ensuite l'apparition de celui qui
est partout, j'ai nommé Cuizinier avec evidemment des paroles toujours
aussi fines, réfléchies et dénonciatrices ("Cuiz Cuiz Cuizinier / Nous
aimons tout s'qu'il fait") et là effectivement quelques sonorités west
coast, le coups de gun à la fin genre "nous on est des gangsta". La
suite de l'album c'est un coup on danse, un coup on se calme, un coup
on lève tous les bras en l'air. Instru hip hop parfaite, west coast
toujours ("Creve Salope!" quand je vous disais que monsieur ne
s'emmerde pas avec les titres), bombes à retardement pour dancefloor en
sueur avec des relents d'italo dance ou de french touch ("Thunderdome"
percus, saturation à la rollin'&scratchin, synthé de dance,...
"Tits, Yeyo & Yumyum", "Un Accident De Voiture","The Shape Of
Punk", "Deutschland To Italia (1987)") et à coté de ça des chansons
plus posées à la manière d'Abstrackt Keal Agram mais en plus gai, sympa
à écouter à la maison, pleines de nostalgie ("My Friend Guo Ran",
"Frankie Hill", "8bit Love"). Bref du gros, du très très gros, un peu
passé inaperçu pourtant. En bonne position pour faire parti de mes
albums de l'année, j'ai beau l'écouter le reécouter, le rereécouter,...
J'arrive pas à m'en lasser, pourtant j'essaye.... Mais pas moyen.
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