Posté le 19-11-2008, par bigbabou, dans la catégorie Interview (lu 1406 fois)
Si vous suivez le podcast ce nom ne vous est sûrement pas inconnu et encore moins si vous avez déjà eu l'occasion de fouler le sol du Kiosk, le club qui a réveillé la capitale nordiste.
Après l'exercice (réussi) du podcast c'est maintenant à celui de l'interview que se soumet Ben aka Pussy Selektor. Activiste électronique au sein de l'asso lilloise Dviason. il nous parle de ses projets et de ses multiples casquettes dans le milieu électronique nordiste.
Car en plus de Dviason et des soirées organisées au Kiosk, il participe également à l'organisation du NAME festival et vient tout récement de rejoindre un projet de label nommé Signaletik dont la première sortie est plutôt prometteuse.
Serait-il hyper-actif ? Non, tout simplement passionné !
Pour commencé parlons de toi. Depuis combien de temps es-tu passé derrière les platines ?
1ères platines acquises
en 2002 mais déjà ado j’étais celui qui débarquait avec ses CDs dans les
soirées entre potes. Le pas c’est fait à force d’arpenter les clubs tous les
week ends, ça me brulait les doigts et après tout est allé très vite. En 2004
l’aventure Dviason commence avec notre 1ère soirée au Kiosk, c’était
ça où rester à mixer entre nous et chez nous. Il n’y avait rien qui nous
correspondait à Lille, pour sortir il fallait forcément prendre la voiture et
aller en Belgique, on peut dire que l’on a été au bon endroit au bon moment
avec le lancement de ce club qui a changé la nuit lilloise et l’a fait
connaître par delà les frontières.

J'ai lu que tu t'étais mis récemment à la prod. Qu'est ce qui
t'as décidé à franchir le pas ?
Je travaille avec un partenaire, Monoblok, depuis
maintenant 6 mois. Il est l’un des instigateurs des Paysages Electroniques,
festival qui se déroule à Lille et dans d’autres villes européennes depuis
plusieurs années, et il a un net label, Rodoid, check www.rodoid.org. On s’est
retrouvé à Berlin ensemble au Panorama Bar, moi la tête pleines d’idées pour
des tracks et lui à la recherche d’un œil extérieur, on s’est tapé dans la main
et depuis on se voit toutes les semaines pour des sessions. La rencontre et les
1ers résultats sont bien au dessus de ce que l’on espérait, nos 1ers tracks
tournent en ce moment même et on a de bons feedbacks mais il nous faut encore
plus de matière avant de lancer l’assaut.
Quel matériel utilises-tu ?
Reason et Buzz
principalement et pas mal de VST mais ça on garde les noms pour nous et on va
sûrement ajouter Ableton bientôt. Monoblok est hyper calé dans les softs et
vst obscurs, il m’a fait découvrir des choses que je ne soupçonnais même pas …
Comment s'est monté votre asso Dviason ?
C’est avant tout une histoire
de potes, Lutezo et Lebeatcchic avaient cette asso sur Valenciennes et
organisaient des soirées dark electro, on était déjà ami et quand le kiosk m’a
proposé de faire une soirée c’est naturellement que je me suis tourné vers eux
et qu’on a agrandit la structure avec Da.6K puis plus tard Bubble et Blindoff.
Depuis 2004 on a organisé en propre plus de 20 soirées et accueilli des
artistes dont on se sentait proche, la liste est longue : Andrew
Weatherall,
The Hacker, Damian Lazarus, Housemeister, Savas Pascalidis ou Radioactive Man,
Stephan Bodzin, Misc Live, Umwelt Live, Heartthrob Live, Paul Kalkbrenner Live
& Sascha Funke, David Keno, Phil Kieran, Billy Nasty, Jamie Jones, Maetrik
Live, Get The Curse & Bitmut Live. Ca nous a permis aussi de nous produire
régulièrement en Europe dans des clubs et festivals, un rêve éveillé quoi.
Quel est pour toi le meilleur souvenir au sein de l'asso
? Et le pire ?
Il y a une tonne de
moments graves, les « Freaks » par exemple, c’était le nom de nos
soirées lors de nos 2 premières saisons, cependant le meilleur de tous c’est
d’avoir accueilli et jouer avec Andrew Weatherall. C’est une de nos idoles et
franchement j’avais des frissons à ses côtés, c’est une légende, il se dégage
quelque chose de lui qui est indescriptible, un vrai godfather. Le pire des
souvenirs, c’est ça qui est drôle, c’est aussi Andrew Weatherall, on
l’avait invité une 1ère fois et il avait annulé la veille du booking
pour maladie, comme quoi il faut toujours rester zen.
Tu es très actif pour l'organisation du NAME festival, comment
s'est fait le rapprochement avec l'équipe du festival ?

C’est une amitié qui
remonte à Lille 2004, lille était durant cette année capitale européenne de la culture. Art Point
M organisait durant cet événement plusieurs soirées « Laboratoire Factory » à
Roubaix avec des line ups dingues, c’était vraiment nouveau dans le Nord, enfin
plus besoin de passer la frontière pour avoir des soirées dignes de ce nom dans
des lieux insolites et le tout avec des installations vjs et mutimédias. Je
devais interviewer Angel Molina lors d’une de ces soirées et ai donc été mis en
contact avec l’organisation, l’interview devait durer 10 mns pas plus,
finalement elle a duré toute la nuit … Depuis plus de 4 ans maintenant on est
pote et on travaille ensemble. Sur le NAME festival je m’occupe de toute la
communication web et je joue aussi, c’est toujours une date très
spéciale ! Ils nous ont toujours soutenu avec Dviason et on a toujours
travaillé étroitement ensemble, c’est grâce à cette équipe que l’on a eu envie
de lancer nos soirées, la filiation est donc une pure évidence.
Comment se sont passées les dates lilloises du NAME 2008 ? Un petit bilan ?
Ca y est c’est fini depuis début Octobre et ce fut une
4ème édition de folie, le public est venu en masse sur toutes le dates,
Lille et Dunkerque ont vibré et permis de rendre ce rendez vous annuel comme un
incontournable des festivals électroniques français. Cette année il y avait 2
week ends clubbings d’affilée à Lille et une ouverture du Tri Postal sur 10
jours, un vrai pari franchement réussi et célébré sur les beats de Dubfire,
Ellen Allien, Carl Craig, Tiefschwarz, … il y en a trop pour les citer, il
fallait être là, si ce n’est pas le cas rendez vous à l’édition n° 5 …
Avez vous mesuré une évolution sur la scène électronique
lilloise depuis l'arrivé du NAME ?
En fait tout a changé avec Lille 2004 et l’ouverture
du Kiosk Club, le NAME est arrivé juste après. Tout ceci réunit a permis de
positionner Lille sur la carte des djs et de leurs bookers. Il y a aussi quelques
associations qui ont fait bouger les choses, on retrouve d’ailleurs pas mal de
djs locaux dans la programmation du Name. On est un petit milieu, on se connaît
tous, on fait la fête ensemble depuis des années et on se soutient car il y a
peu de rivalités. On essaye d’œuvrer pour notre ville, sa culture et son
rayonnement. Bientôt des productions venant de Lille vont arriver dans les
bacs, c’était l’étape suivante et on en est tout proche. Qui sait il y aura
peut être un son made in lille qui émergera de notre scène …
Parlons maintenant de Signaletik, projet de label que vous montez
conjointement avec une autre asso électronique Lilloise Sound of Sand. Déjà
comment s'est fait le rapprochement entre les deux assos ?
Dviason et Sound of Sand ont commencé à organiser des
soirées au même moment à Lille, eux étaient plus orientés techno et nous
c’était plus l’électro qui nous branchaient. On s’est bien entendu, on faisait
notre promo ensemble, on se refilait les bons plans et on a aussi quelques fois
joué sur des mêmes plateaux à l’extérieur de Lille. Comme je le disais plus
haut il n’y a pas 150 acteurs dans la nuit lilloise et l’amitié, et bien sûr le
sérieux dans le taf, ont fait que nos envies se sont vite révélées similaires.
Après de nombreuses années dans l’organisation et le djing et avec tous les
contacts qu’ont a accumulé on avait envie d’une nouvelle activité, le lancement
de Signaletik était alors une évidence. Ce sont les 2 boss des assos, Ramon G
et Lutezo qui ont monté le projet et formé la société, je les ai rejoins depuis
peu dans l’aventure pour m’occuper de toute la communication.
Quelles ont été les motivations principales pour créé le
label ?

En fait Signaletik c’est une branche Production pour
l’organisation de soirées avec les artistes que nous signons et bien sûr nous 3
en tant que djs et Signaletik c’est aussi une branche Records pour le label.
Parallèlement à nos sorties on va monter des tournées et on est aussi sur des
projets de résidences dans quelques clubs. Tout va prendre réellement forme
lorsque nos vinyls et digital releases seront en vente courant novembre. On
attend ça avec impatience et on croise les doigts, pour l’instant les feedbacks
des djs sont très bons, on a le soutien d’artistes comme Laurent Garnier, Dj
Hell, Chloé, Raudive, etc … On a de très chouettes tracks a proposé de 2
néerlandais qui montent, Warren Fellow et Darko Esser, ainsi que du français Electric
Rescue . Scan X et Julian Jeweil sont aux remixes et un 3ème invité
prestigieux que l’on va bientôt annoncé …
Quels sont les objectifs que vous vous êtes fixés ?
On est parti pour 3 vinyls, on fera le point après ça
je pense mais l’ambition est de monter un label avec des artistes dans lesquels
on se retrouve, avec un son personnel et une identité marquée. Le but est que
nos titres voyagent, soient joués sur les dancefloors qui nous font vibrer.
Bientôt les soirées Signaletik seront aussi en place là aussi c’est un de nos
objectifs, have fun & party !
Où est
il distribué ?
Nous sommes distribués par Cyber Prod donc un peu
partout en tout cas les bons record shops, les sites incontournables et en
digital sur Beatport et autres, vous ne pourrez pas nous louper !
Quelles sont les difficultés auxquelles vous avez été confrontés pour monter un tel projet ?
Comme dans toute
entreprise gérée par des passionnés doublés de doux rêveurs le chemin est
parsemé d’embuches. Il a fallu trouver les fonds nécessaires ça c’est forcément
la partie la plus hard, cela fait plus d’1 an que mes partenaires on mis le
pied à l’étrier, ensuite il faut trouver les distributeurs, les artistes, les
partenaires, les tracks aussi, on ne peut pas faire tout et son contraire, la
cohérence je pense que c’est une des données les plus dificiles à maîtriser. De
toute façon en ce moment il faut être un peu maso pour se lancer dans le disque
et les soirées mais c’est ça qui est bon.
Vous sortez les maxis en digital et vinyl. Ce dernier support
est il toujours indispensables aujourd'hui ? Comment voyez vous son avenir ?
Oui indéniablement le
digital est vital et désormais indissociable du vinyl, il n’y a plus de barrière,
beaucoup de djs sont passés à des serato et consorts et personnellement ça ne me
dérange pas. J’ai essayé mais j’ai eu assez de mal, je me suis rendu compte que
je fonctionnais avec des repères visuels, les macarons, c’est con mais bon
chacun sa méthode et il n’y a rien à faire je suis un vinyl addict et je ne
serai jamais seul dans ce cas. Le digital va continuer son essor en plus des
sites comme beatport sont hyper performants notamment avec les remixes inédits mais
quoi qu’il arrive le vinyl sera toujours présent j’en suis persuadé. Avec
Signaletik records on a apporté un soin spécial aux vinyls avec un artwork
poussé et une haute qualité des pochettes, si ça c’est pas une déclaration d’amour !

Quelle est la ligne artistique du label, quels styles
seront proposés ?
French touch 2.0 … non,
non, je deconne. C’est difficile de donner une étiquette mais je dirai techno /
minimal techno. Lutezo rêve d’une division dark electro c’est une de nos premières
amours communes. Pour écouter le 1er EP, direction www.myspace.com/signaletik, les 2 tracks
de Darko Esser et le remix de Scan
X sont en écoute et on va mettre sous peu le EP2 et autant
vous dire que Electric Rescue est en forme. On a testé tous les titres lors de nos
dernières soirées et la réponse du public fut quelque chose de trippant à vivre,
on s’est regardé tous les 3 et on y a cru direct, ça motive et surtout ce sont
des nouvelles sensations que l’on recherchait, il fallait nous voir avec notre
sourire jusqu’aux oreilles.
Quelle est la prochaine étape pour le label ? pour
l'asso ? pour toi ?
La prochaine étape c’est pour
dans quelques jours, la commercialisation du 1er Ep et ensuite les 2
autres que l’on espère vraiment coup sur coup, à nous de faire connaître nos
sorties donc on va être à fond sur la promotion. Au niveau des soirées, avec Dviason on
vient juste de faire Jamie Jones et Maetrik, là c’est Sound of Sand qui accueille
Scan X puis Darko et Warren. Tout ça nous mène à Mars/Avril, après on ne sait
pas encore comment ça va se passer pour être honnête. Pour ma part des dates en
France, en Belgique et je l’espère en Allemagne pour un retour à Berlin sont en
cours sur 2009. Un premier Ep avec Monoblok ça aussi nous l’espérons tous les 2.
Pour les personnes qui seraient de passage, quels sont
les lieux sympas sur la région lilloise.
Le Kiosk, forcément, pour
sa programmation détonante, son public cinglé et sa petite taille que les djs
adorent. Dans la même rue, le Supermarket, ce club aussi participe à l’essor de
Lille et depuis cette rentrée les guests qu’ils proposent sont tout simplement
d’un goût exquis. Pour boire un verre, le At Home café dans le vieux Lille. Il
ne faut pas non plus louper les expos au Tri Postal et dans les Maisons Folies parsemés
dans Lille et ses alentours. Et bien sûr le vynil shop Nuloop, en fait on a
tout pour ravi les fans d’électronique et ça dans une ville magnifique et
chaleureuse, par contre prévoyez les petites laines …
un mot pour finir ?
Merci pour cette
interview et également pour le podcast, n’oubliez pas de suivre la signaletik !
Links :
www.myspace.com/pussyselektor
www.myspace.com/signaletik
www.dviason.com
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Commentaires
je n'ai pas d'orientation particulière ni de style de predilection.j'adore les sons electroniques et les propose sur diverses ambiances et tempos.du dub au gabber tant de style entre deux à découvrir et comprendre.
Ma vie mon âme sont dédiés à cela
carpé diem, turn on the volume and travel all around the sound
++
Mélogusto
PS le 2eme link est bon
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