Sep
17

Modeslektor / Happy Birthday

Auteur // beegeesman

Modeslektor / Happy BirthdayUne fois n’est pas coutume,  je vais m’aventurer sur un terrain qui n’est pas le mien, et vous faire part de mon sentiment sur le nouvel opus de Gernot Bronsert et Sebastian Szary. Deux Allemands qui auraient pu tout aussi bien sortir de notre livre d’histoire, rayon musique classique, mais qui sortent plutôt des bacs bien exigus de notre disquaire favori, sous le nom de Modeselektor. Après un premier album (Hello Mom ! ) acclamé et frôlant l’unanimité au niveau des critiques et parfois plus rare, du monde artistique en général, Modeselktor se savait attendu au tournant avec cette nouvelle création sonore. Nous pouvons aisément parler de création tant Happy Birthday se révèle être original, inclassable et sans limite, tel une toile peinte par les plus grands. En effet,  ce duo signé sur BPitch ne cesse d’étonner, tant par ses choix musicaux que ses featuring excentriques (7 au total !!)Let’s talk about it !!

ModeslektorAlors petite question fatidique de début de chronique, pourquoi Happy birthday ? Tout simplement (selon leurs dires, oui je les ai appelés, et oui je parle allemand… na) en dédicace à la naissance proche de leurs enfants (pas en commun hein ? chacun un..), alors pour ne pas laisser leurs compagnes seules dans la galère (ou le bonheur) de l’accouchement, les deux compères ont voulu eux aussi en passer par là et donner naissance à cet album. Coté style, bien que le catalogage à outrance me saoule outre mesure,  nous pourrions savoir gré à ce CD d’explorer les styles suivants : hard rap, dubstep, eurocrunk, continental grime et tech-rap… je pourrais en inventer d’autres, mais ça me semble suffire pour qualifier la diversité affolante de cet album.

Dès l’entrée en matière de l’album, l’assurance de ne pas être déçu nous envahit, le Modeselektor qu’on aime est toujours là, et n’a pas dérivé vers des terrains au dessus de ses prétentions et de ses qualités. L’album débute par un redoutable et spleenesque Godspeed, tout en montée et gain de puissance, ça commence bien !

Modeslektor Pour élargir le public et faire un petit clin d’œil à l’album précédent, TTC revient poser sa voie sur un 2000007 qui nous fait penser que, tiens… des fois TTC c’est bien !!! Le début de Happy Birthday ressemble presque « connement » à un début de film anglais culte (dans mes références…) Shaun of the Dead. Une mélodie donc « concon » qui, dans le film est censée représenter les deux héros un peu « concon » eux-mêmes. Mais cette impression de mélodie enfantine prend toute son ampleur à l’arrivée des basses sur ce morceau. Pour les définir, quoi de mieux qu’une citation de Maxime Gouache External link  : « Les basses de Mdslktr, c’est une drogue à tympan, on rêve presque de les avoir en acouphène » ça veut tout dire !! 

Avec  Let Your Love Grow on retrouve un peu l’esprit mélancolique de Godspeed mais avec une touche légèrement Ragga qui prend une dimension encore plus grande avec la voie de Paul St-Hilaire. B.M.I. est simple donc efficace, plus technoïsant que la majorité de leurs productions, peut-être un chouïa minimal, mais rien de gênant. Le très dark Sucker Pin se lance à reprendre des sonorités qui ont eu leur succès dans les années 80/90, des sons très feutrés mais gras en même temps, un track assez « banal » donc.

modselektor_hello_mum_logoThe First Rebirth , titre qui vous dit peut-être quelque chose si vous avez un jour écouté de la Trance. Oui, Modeselektor sont dotés de deux énormes paires de couilles (une chacun). On peut appeler ça de la prise de risque ou du suicide, mais ayant déjà produit des sons hybrides et transgenres, possédant la faculté dite Garniesque de mixer tout avec n’importe quoi, la reprise de cet hymne trancey est réussie. The Dark Side Of The Sun invite une nouvelle pointure du moment, j’ai nommé les Puppetmastaz !! Ce groupe (collectif) très en vogue en ce moment et qui lance un nouveau style de Hip-Hop trash et déjanté interprété sur scène par des marionnettes colle très bien au style tout aussi déjanté de Modeselktor. Cette piste n’est donc pas étrange et sonne tout particulièrement bien à l’oreille, très lourde et angoissante, ce morceau peu banal se laisse superbement habiller par les voix stridentes des Puppetmastaz.

Dans la veine des plus grosses boucheries Modeselektoriene, Black Box vient nous scotcher les oreilles avec des basses dopées à l’EPO (Electronique Pas Ordinaire…). Pas un moment de répit dans ce morceau qui enchaine les lignes de basses grasses et insolentes sans se soucier de notre état mental qui s’approche de la folie à la fin de l’épisode. Que celui qui a oublié ou ne connait pas Hyper Hyper se jette la pierre lui-même, le tube mondialement connu de Scooter se prend un gros lifting à coup de basses et sons acides dans la gueule (c’est le cas de le dire…). Encore un featuring de grande classe, avec la présence  du très burlesque Otto von Schirach, Hyper Hyper pourrait exprimer les qualificatifs à apporter à cette reprise :Hyper Bass, Hyper voix, Hyper tordu, Hyper osé… Cette reprise est donc une réussite même si on regrettera une grosse claque qu’on aurait pu se prendre après les incessantes montée.

modeselektor Viens ensuite le très mélodique The Wedding Toccata Theme qui démontre encore une fois la facilité qu’a Modeselektor à rendre mélodique une collection de sons qui à la base rebuterait la moindre oreille frileuse aux sons synthétiquement tordus. The White Flash est une production fabuleuse inspirée on s’en doute par l’un des chef de file de BPitch, Apparat. Un featuring pas banal en prime, puisque c’est Thom Yorke qui vient poser sa voie suave et émouvante sur ce track, ce featuring sonne comme un cadeau fait au leader de Radiohead puisque ce dernier ne cesse de crier au génie quand on lui parle de Modeselektor.

On finit sur Deboutonner  Mdslktr retrouve Siriusmo, leur acolyte de toujours. Ca s’entend tout de suite, ils savent bosser en trio, et livre un morceau toujours aussi mélancolique et entrainant. Modeselektor ou l’art de sublimer cette contradiction, et ça marche !!! Par manque de moyen, et surtout parce que l’agent de presse de Modeselktor ne m’a pas envoyé l’album complet hein… (Salaud de Gunther !!) je ne pourrai donc vous exprimer mon sentiment sur le morceau dit « Bonus » avec Maximo Park, tant pis pour eux, na !!

modselektor Cela ne fait aucun doute, Modeselektor s'est clairement fait plaisir tout au long de ce "Happy Birthday", deuxième album bien maîtrisé pour qui connaît la difficulté de donner une suite à un premier disque qui a fait jaser. Très bien entourés, plutôt inspirés à en croire la grande diversité du tracklisting, les deux Allemands ne feront peut-être pas l'unanimité tout au long de cette bonne heure d'écoute. Mais personne ne pourra leur enlever ce souci d'originalité qui fait que Modeselektor apparaît aujourd'hui comme un des grands artisans de la musique électronique. Chose your Mode and shake your head off !!

 

 

Links

www.myspace.com/mdslktr External link

bpitchcontrol.com External link

Vidéo 

Un extrait d'un live réalisé en 2005

 

et pour le plaisir l'excellent Kill Bill vol.4 en live

 

Comments  

 
#1 Tomnroll 19-09-2007 12:03
modeselektor ca me donne des fois envi d'aimer l'allemand...
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#2 bigbabou 19-09-2007 15:02
euh ... un peu comme avec les Tokio Hotel ? :-)
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#3 beegeesman 19-09-2007 22:40
Respections certaines proportions hein... tu veux des cours tom?
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#4 kaneel 21-09-2007 20:38
Jvous avais déjà dit ce que j'en pensais n'est-ce pas?
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#5 bigbabou 23-09-2007 20:25
pas écouter l'album mais en live c'était une tuerie !!
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