Oct
13

Zenzile - Pawn Shop - la chronique

Auteur // beegeesman

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Nous revoici donc, plus ou moins une semaine plus tard pour reparler de l'album de Zenzile. Comme je vous l'avais dit , je préférais me le mettre bien en tête avant d'écrire quoi que ce soit dessus. Bien m'en a pris. A l'instar d'un album comme celui de Modeselktor (un autre style quand même), la première écoute reste assez fade, comme si l'oreille ne reconnaissait pas un son trop élaboré pour elle. Le même genre de sensation que l'on pourrait éprouver si l'on croisait l'abbé Pierre, (retour d'acide, pilule catholicus, grosse claque) pour la première fois, gros bof, mais quel grand potentiel se cache derrière cette façade rigide et rabougrie !! Car oui, pour faire plus simple cet album est bourré de petites trouvailles sonores et arrangements mélodiques de grande classe. Après donc une dizaine d'écoutes l'oreille arrive finalement à « enjoyer » les bonnes basses, les voix envoutantes et les mélodies aériennes de Zenzile. « Enjoyons » ça plus en détails.

 

zenzile.jpgZenzile avait affiché la couleur en déclarant vouloir se diversifier et « tenter » autre chose sur cet album. N'ayant pas de référence zenzilistiques suffisantes, je ne me prononcerais pas sur la plu value enregistrée par rapport aux albums précédents. Mais il est rudement intéressant de noter que cet album est tout de même super accessible à l'écoute. Le rendu est somme toute assez cohérent dans son ensemble, même si leur envie de vouloir (nous faire) explorer de nouveaux horizons musicaux, nous fait parfois perdre le fil de l'album (notamment sur « Fire Eater »). Saluons quand même ici la prise de risque artistique, en effet « Fire Eater » passe mal avec le reste de l'album mais pourrais très bien avoir sa place sur l'album d'un bon groupe pop-rock-electro.

On sent quand même bien Zenzile attiré et séduit par le type d'énergie que propose un « Fire Eater » et leur dub se « popise » plus ou moins. On les sent évoluer vers une sorte de « dub-pop » d'un nouveau genre, mais sans par ailleurs renier un son bien à eux et qui dès les premières notes de l'album, nous marque. « Histoire de Papiers » est l'idée que je me fais (et faisais) de Zenzile, une mélodie pépère (on croirait presque un semble de « Quoi ma gueule » de Johnny...troublant), des basses parfaites, et le tout porté par une voix profonde. On peut noter aussi le caractère militant (et à la mode) de ce morceau, avec un très beau texte sur l'immigration et le sentiment d'appartenance. Mega-Chapeau pour celle-là.

A part le fameux « Fire Eater » (décidemment elle me gène celle-là) l'album évolue vraiment bien, et s'écoute « à l'enfilade », dans le métro, avachi dans le canapé ou en apéro, à la fois reposant et apaisant, profond et émouvant. Le titre « Motorbremsen » contient en lui seul, le plein sens de l'album. A cheval entre une dub très profonde et mystique au début, s'accordant une grosse montée très rock à dose de guitares chaleureuses puis crillardes, pour enfin finir comme elle avait commencée, en dub planante. A mettre au rang des petites perles, « White Spirit » (non le jeu de mot « ça décape !! », ne fait pas partie de ma charte blaguistique), une superbe instrue tendrement rythmée par le son de basses « dubesques ».

Petite réflexion à part, j'ai un sentiment étrange quant à la mise en voie des morceaux, autant je la trouve très réussie sur « Histoire de Papiers » ou « Crookedman » autant je la trouve inutile, voir légèrement dérangeante sur « Mind over Matter » par exemple. Cette dernière me semble un peu faiblarde au niveau instru également. J'ai cru lire qu'à la base Zenzile était exclusivement un groupe instrumental, et on sent aisément qu'ils maitrisent leur sujet dans ce domaine, peut-être un peu moins quand il s'agit d'accueillir une voix sur leurs morceaux.

En revanche l'album se termine parfaitement, avec cette fois-ci une voix qui passe à merveille au travers de mon exigeante oreille, dans « Thursay Night Rover Disco » et l'énorme « Caution Horses ». Je ne sais pas d'où il vient cet Alderman, mais il a un « bel organe ». « Thursday Night Rover » est une belle ballade, vraiment très calme et superbement accompagnée par la voie profonde et scabreuse d'Alderman. Cet opus se termine par « Caution Horses » gravement angoissant et vibrant et encore une fois porté par la voix « curtisienne » d'Alderman. Franchement une belle réussite, une sensation d'harmonie « foutoirisée » qui vaut vraiment le détour, du Joy Division downpitché boosté à la sauce Velvet Underground. J'aime ++.

L'impression générale laissée par cette livraison signée Zenzile se révèle vraiment bonne, à part, encore une fois, à mon gout, quelques évolutions pop-rock mal maitrisées (L'ouverture n'est pas toujours un bon concept, pas vrai Herr Sarkozy ?). A propos de Sarkozy, s'il n'était pas une bille en anglais, les paroles véhiculées par Zenzile le dérangeraient forcément. Un acte militant et peut-être un brin démago, surfant sur la « mode immigrationniste », qui toutefois reste subtile, poétique et mesuré. Une belle découverte à faire, à écouter et réécouter pour ne pas risquer de passer à coté de petites pépites « dubiennes ». N'hésitez pas à aller les voir en live ça doit valoir son pesant de cacahuètes, et prendre encore plus de volume, dans tous les sens du terme. Ca tombe bien ils partent en tournée à travers la France très bientôt, et sont prés à vous « duber » les oreilles... « dub on » !!!

www.zenzile.com External link

Comments  

 
#1 ? 25-10-2009 22:20
très mauvaise chronique
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#2 bigbabou 26-10-2009 00:20
mais encore ?
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#3 Guest 08-03-2010 00:23
Tu nous emmerdes avec ton métro et tes apéros... J'espère qu'il t'arrive d'écouter de la zic sans ça...
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