Jan
17

[Review] Arandel + Francesco Tristano @ Cafe de la danse

Auteur // beegeesman

arandelQue faire un Samedi soir à Paris ? Moult et moult possibilités vous sont offertes, mais faut avouer qu’on tourne vite en rond au niveau de la came de qualité. Rendons donc hommage, et visite par la même, à Infiné qui continue à proposer des soirées sans concession, et avec un bon paquet dans le pantalon. Rendez-vous au Café de la danse à 19h30, pas de strass, pas de paillette, juste un concert. Un concepto-concert qui laisse la part belle à l’électro avec un grand E (accent aigüe), une occasion de démontrer que cette mouvance ne s’exprime pas que dans les clubs surbondés et qu’elle à sa place dans n’importe quel endroit aussi « noble » soit-il. Live report !

Même pas évoqué le programme dis donc. On se déplace donc pour voir Arandel et Francesco Tristano. D’un coté l’une des révélations électro de l’année signée chez Infiné et de l’autre le petit prodige instrumentalo (pas la boisson)-électrique qui monte. Quoi de mieux pour sublimer un plateau aussi élitiste qu’homogène qu’un lieu  au caractère si intimiste que le Café de la danse. Comme pour lui laisser la lumière et capter les âmes curieuses, cette petite salle se cache dans l’ombre d’une des rues les plus festives de Paris, j’ai nommé la rue de Lappe. Arrivée pour 20h, salle bondée, 600 selon les organisateurs 300 selon la police, le balcon accueillant le bar aussi rempli que le soutif de Lolo Ferrari, Arandel peut se lancer. C’est alors enfardés et ent-shirté qu’ils se présentent devant une assistance sur le cul (au propre comme au figuré). J’en profite pour m’étonner et m’indigner qu’on daigne accueillir des artistes en étant assis par terre, le cou tordu à 90° comme une poule qui attend son grain. De l’enthousiasme bordel ! Arandel c’est la touche d’humanité qui peut parfois manquer à l’électro, la démonstration parfaite d’un live qui se construit et s’articule devant vos yeux. Ce live est presque une évidence quand on entend l’album, une succession de moments de grâce vocale et instrumentale finement accompagné par des basses profondes et une rythmique envoutante. Pour moi une vrai prouesse technique, qui ne peut que faire du bien, et donne un sacré coup de vieux aux traditionnels live PC parfois un peu platoniques (visuellement parlant).

On peut également faire le parallèle avec une performance comme celle de Francesco Tristano. Mêler le synthétique à l’acoustique ou l’art de mélanger les genres, bousculer les clivages. Un pari risqué et foutrement audacieux qui remet en place le premier minet tout heureux de chier ses premiers sons après avoir cracké Ableton. En revanche la prestation de Francesco Tristano est  à nuancer. Indéniablement doué, et capable de produire de vrais « mélodies club » rien qu’au son de son piano, sa configuration seul avec touches et machines a, à mon sens, ses limites. Tant est si bien qu’on éprouve un petit sentiment de frustration  quand on le voit essayer de gérer les 2 en même temps. A alterner entre moment uniques et montées poussives, Francesco perd peut-être un peu le file. En dehors de cette réaction de spectateur gâté pourri, l’impression globale est magique. Voir un instrument vieux comme mes robes rentrer en harmonie avec des machines électronique, c’est juste effarant.

Soirée pleine de découvertes et de plaisirs auditifs haut de gamme. Je terminerai ce petit papier en citant des gens de la salle. « Detroiiiiiitttttttt » ou « Te amo Francesco » mais encore « Melodyyyyyy », c’est beau, c’est frais, c’est Infiné.

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