Juil
27

[review] Garden Nef Party 2009

Auteur // lëkima

garden nef review 2009

Alors que quelques jours plus tôt la météo s'annonçait radieuse, voila qu'à la veille du festival météo-France place une large bande s'étendant du sud-ouest au nord de la France en alerte orange !
Ben mince. Il y a quelque chose qui cloche. Ca fait un mois que le soleil ne chôme plus et la tempête aurait décidé de s'inviter à la Garden Nef Party 2009 ?! C'est franchement pas de bol, d'autant que les organisateurs le savent, cette 3émé édition sera déterminante pour l'avenir du festival.
Alors ?... bah on a pris notre k-way, une paire de chaussure trop petites mais résistant parfaitement à l'eau et on y est allé !

 

Vendredi 17 juillet

Arrivés vers 19h on est d'entrée frappé par le choix du site : un immense théâtre de verdure qui offre inévitablement une vue de luxe sur la grande scène, tandis que dans le fond, à l'abri de quelques arbres vient se loger la « petite scène »  (valette stage), celle qui certainement viendra nous offrir quelques belles découvertes.
Côté concert c'est Phoenix qui achève son set. On sent le public, déjà nombreux pour l'heure, particulièrement réceptif !

Une fois le plein de jetons fait et notre godet rempli, on se dirige donc vers la scène du fond. Et là nous avons rendez-vous avec les Sleepy Sun ... Premier choc ! Face à nous, 5 espèces de hippies habités sont en pleine cérémonie psychédélique. Toute en lenteur et en envolées bruitistes leur musique semble sortie des années 70. Il y a quelque chose de vraiment fascinant qui se dégage de ce concert, et c'est avec une immense joie qu'on se laisse hypnotiser !

Petit passage par le bar et deuxième surprise : nous tombons sur un couple d'anciens dieppois (dont nous conserverons l'anonymat tout en précisant que l'un deux a bien aidé le sous-marin par ses qualités de technicien...) venus eux aussi découvrir le festival. C'est si petit que ça la France ?? En tout cas cela fait vraiment plaisir !

Retour sur scène, et surtout retour aux grosses écuries puisqu'on prend en cours le concert de Ghinzu. Leur rock lyrique (trop ?) a un effet implacable sur la foule ! Autant dire que tout le monde est chaud pour accueillir les Franz Ferdinand à qui reviennent ensuite les manettes de la scène principale. On partait avec l'à priori un peu négatif d'un show ultra-rodé , « trop » pro, mais il faut avouer que les écossais ont surpris par leur enthousiasme, finissant même leur concert par une sortie électro très efficace.
Entre-temps on tient également à mentionner la prestation du duo Blood Red Shoes auteur d'une performance vraiment emballante, mélange de punk et de funk soutenue par une batterie puissante.

Après avoir raté The Night Marchers (il était temps d'alimenter nos corps) on s'approche donc du dernier concert de cette 1ère soirée, celui de Vitalic. Dernier concert, et petite déception. Si son live a évolué, on est d'entrée saisis par un son extrêmement froid, métallique, pas vraiment agréable à l'oreille. Et puis on a cette impression d'entendre constamment la même recette... celle qui avait fait son succès chez Gigolo. Pour autant la foule de festivaliers semble conquise, le nombre de bras levés affole les compteurs.

Fin d'une journée bien remplie. Là on s'auto-congratule d'avoir opté pour l'hôtel plutôt que le camping !

Samedi 18 juillet

Après une bonne nuit et surtout un steak/frites régénérant, on est plus que motivés pour ne rien rater de cette 2ème journée ! Côté ciel par contre c'est plutôt chargé... il y a comme une ambiance orageuse qui flotte au dessus de nos têtes.

17h : début des festivités, Papier Tigre. Une énergie qui effectivement n'est pas sans rappeler Fugazi. Les amateurs du genre apprécient.

17h 40 : John and Jehn se pointent tout de noir vêtus sur la Valette stage. Les avis seront partagés. Certains restent hermétiques alors que d'autres ont été séduits par le mélange sensuel/arrogant du rock old-school que pratique le duo. En tout cas on sent les angoumoisins heureux de revenir sur leurs terres !


On se dirige ensuite vers le concert de Cold War Kids afin de vérifier la réputation scénique des américains.
Et il faut avouer qu'on reste sur notre faim tant le groupe semble se contenter d'honorer son contrat.

Nous retrouvons donc nos amis normands (qui eux avaient pris l'option camping...) pour nous diriger vers le concert de Zone Libre vs Casey & Hamé. En toute honnêteté on a failli boycotter ce concert pour cause de préjugés malheureux. Quelle erreur ça aurait été ! C'était certainement LE concert qu'il fallait voir. Une musique rugueuse, emmenée par les décharges électriques de Serge Teyssot Gay. Des textes débités avec une radicalité et une énergie impressionnantes, et un Casey plein de fougue qui prend son pied sur scène. Le genre de concert qui remue. Tout cela sous une pluie qui s'accordait parfaitement, puisque le ciel a choisi ce moment pour frapper Angoulême ! La tension était palpable sur les visages. Ce concert en a scotché plus d'un !

La pluie ayant cessé son activité, c'est dans un état de quasi-choc qu'on s'est rapproché de la scène principale ou officiaient les Ting Tings. Ce fut un sacré changement de décor sonore. Mais au bout de quelques morceaux on s'est laissé entraîner par le duo anglais plutôt sautillant.

C'est à l'issue de ce concert qu'est tombée l'info : Santigold ne pourra pas jouer en raison d'un problème de voix. Dommage, on l'attendait avec curiosité. Les Night Marchers la remplaceront pour un 2ème show (que nous raterons pour la 2ème fois...). Du coup le set de Mix Master Mike & Rahzel est avancé.
Alors on passera sous silence l'intervention de Rahzel qui nous a surtout ennuyés, pour ne retenir que la technique monstrueuse de MMM, véritable machine à syncoper des tubes et à faire mal aux chevilles. On partira cependant avant la fin pour se faire une place de choix pour TV On The Radio.

TV On The Radio c'est ce groupe qui fascine autant qu'il déplaît. Et on est étonné de voir l'accueil enflammé que lui réserve le public d'Angoulême. En quelques morceaux la fièvre monte. On sent qu'on a affaire à un de ces groupes inspirés qui tout en restant « pop » ne fait aucune concession. Derrière le mur de son, leur concert futuriste est mené tambour battant par un Tunde Adebimpe habité. Il y a carrément quelque chose qui relève du vaudou chez ce chanteur... Et à nouveau la pluie vient s'abattre sur la foule électrifiée. Encore un des grands moments de ce festival ! Le set s'achèvera par ailleurs sur une version de Staring At The Sun qui mettra tout le monde d'accord.

 Bon on se remet de nos émotions et on réalise qu'il ne reste que peu de concerts à suivre. Sans plus attendre on se dirige vers The Gossip. On a beaucoup entendu parler de ce groupe sans pour autant avoir écouté leurs albums. Et reconnaissons que la surprise est grande lorsqu'on voit mademoiselle Beth Dido en tenue ultra-moulante se déhancher avec une énergie qu'on lui envie. A part ça on ne trouve pas la musique particulièrement originale mais tout de même redoutablement efficace !

Le concert terminé nous décidons de faire une pause. Pendant ce temps les techniciens sont en train de monter la structure cubique qui viendra accueillir le live d' Etienne De Crécy. Structure plutôt imposante !
Vers 1h 30 le rescapé de la French Touch débarque ainsi sur scène. On s'attend à entendre une House filtrée mais non. C'est à un set électro-techno, sur de bonnes vieilles machines analogiques, que nous convie Mr De Crécy, et il faut avouer que tout ça nous séduit plus que le live de la veille. Quant aux visuels, les projections mouvantes donnent réellement vie au rubicube. Même si on a déjà entendu lives plus emballants, pour une fin de festival c'est une bonne fin de festival !

FeromilOn décide donc d'aller remplir une dernière fois nos verres.
Et là nous attend une ultime rencontre inattendue. De celles qui donnent l'impression d'habiter une autre dimension : j'ai nommé Feromil (voir photo). Un personnage post-apocalyptique à longue trompe. Muni d'un détecteur de métaux il joue des larsens sur une espèce de techno lo-fi à base d'infrabasses. Face à lui quelques festivaliers aux looks improbables (nous nous excusons auprès d'eux) vibrent littéralement sur ce son indus venu de nulle part.
N'est-ce pas ce genre de moments incongrus qui font tout le charme d'un festival !
Nous n'y étions pas autorisés, mais on prend quand même une photo. Pour le souvenir...

Evidemment on ne pourrait pas boucler cette chronique sans citer les groupes qu'on a ratés : The Jim Jones Revue, Boss Hog, Joe Gideon And The Shark, Izia, Stuck In The Sound, et bien sûr The Night Marchers  Sourire

On tient à remercier chaleureusement les membres de l'association Dingo/La Nef.
A les féliciter pour leur organisation sans faille (pas plus de 5 minutes d'attente quel que soit le stand !) et pour leur réussite (18000 spectateurs).
A leur suggérer quelques noms pour les lives électros de l'année prochaine : Modeselektor ou Moderat, Gui Boratto, Leila, ... (en fouillant sur le site du sous-marin vous trouverez quelques noms sympas !).
A embrasser nos 2 amis dieppois (auprès de qui on s'excuse pour la critique négative du live de Vitalic).
Et merci aux fans d'électro qui ont lu jusqu'au bout cette chronique plutôt rock et très subjective.
A l'année prochaine Angoulême !

www.gardennefparty.com External link

Comments  

 
#1 ArnoldB 28-07-2009 14:19
ahaha bas les masques, vous écoutez du rock :-)

L'an dernier la progra était baucoup electro et j'ai oui dire que le résultat menaçait la survie de la manifestation.

Ca devait être chouette néanmoins, chapeau d'organiser un événement comme ça à Angoulême
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#2 lekima 10-08-2009 12:42
En effet enfin un festival digne de ce nom dans le sud-ouest! Et oui, ça ne fait pas de mal aux oreilles d'écouter un peu de rock ;-)
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